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L’insalubrité morbide met en danger aussi bien la personne qui vit dans un logement devenu insalubre que ses voisins. Souvent découverte par hasard, cette situation n’est pas pour autant une fatalité. Des solutions existent pour y faire face.

Qu’est-ce que l’insalubrité morbide ?

L’insalubrité morbide est causée par un dérèglement psychologique. Ce n’est pas la maladie, c’est la conséquence de celle-ci. Et elle se traduit par un logement impropre à l’habitation, insalubre au point que tout l’environnement peut être contaminé : le lieu est sale, mais même l’eau ou l’air ambiant deviennent néfastes.

Comme dans le syndrome de Diogène, on retrouve dans ce désordre une accumulation d’objets divers (les piles de journaux font souvent partie des déchets retrouvés sur place, au même titre que les réserves de nourriture… et leurs résidus). L’entassement devient tel que les normes habituelles d’hygiène ne peuvent plus s’appliquer.

Quels sont les risques pour une personne atteinte d’insalubrité morbide ?

Sans s’en rendre compte, les personnes atteintes vivent dans des logements qu’elles partagent avec de la vermine, attirée par les déchets. Les insectes se multiplient, de fortes odeurs peuvent se dégager. Certaines pièces sont obstruées tellement les objets s’accumulent et l’évacuation en cas de besoin est compromise.

Les sols, et même les murs, se dégradent, des bactéries et moisissures apparaissent et l’environnement devient toxique. Il existe réellement un risque chimique dû aux possibles interactions entre des produits divers qui seraient entreposés et pourraient se renverser sans aucune surveillance.

En plus des risques pour la santé de l’occupant, et pour celles des voisins proches, qui sont tout aussi concernés par les émanations d’odeur (qui les conduisent souvent à donner l’alerte), les éventuels propriétaires sont également peu enclins à conserver dans leur logement un habitant qui le met dans cet état. L’expulsion semble alors souvent la seule solution, ajoutant la précarité à un désordre mental et à une grande fragilité émotionnelle.

Comment faire face à ces situations ?

L’insalubrité morbide est souvent la conséquence de nombreux mois et même années de désarroi. Ce n’est donc pas un problème qui peut se gérer du jour au lendemain. Pas plus que les personnes concernées ne peuvent en venir à bout toutes seules.

L’urgence vitale, liée aux conditions du logement, passe par un nettoyage en profondeur de ce dernier, après l’avoir désencombré. Le port de gants, voire de masques et/ou de chaussures de sécurité peut s’avérer nécessaires pour ne pas s’exposer à la contamination dans les cas les plus graves. D’autant plus qu’il ne peut être juste question de tout jeter sans trier d’abord : les documents administratifs importants sont souvent mélangés au hasard avec les déchets.

Il faudra aussi désinfecter, voire décontaminer, les lieux avant d’envisager d’y réinstaller son occupant.

Mais, surtout, il ne faudra pas le laisser seul ensuite : cette situation se renouvèlera dans la plupart des cas si aucun contrôle n’est effectué.

Des visites régulières devront être prévues afin de s’assurer que la personne atteinte parvient à ne plus se laisser envahir par les déchets et un accompagnement psychologique peut s’avérer nécessaire.

La clé est d’établir une relation de confiance afin de rompre l’isolement de la personne tout en la surveillant, pour son propre bien.