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Dans « entassement compulsif », le choix des termes n’est pas innocent. Ainsi, ce mot de compulsif a longtemps fait intégrer cette maladie parmi les TOC (troubles obsessionnels compulsifs).

Si la difficulté, voire l’incapacité, à se réguler intervient dans les deux cas, la syllogomanie, autre nom de ce trouble, se présente pourtant comme un cas à part.

À partir de quand peut-on parler d’entassement compulsif ?

Tout le monde peut avoir tendance à entasser, au moins un peu. Telle personne parlera de collection, une autre gardera des modèles de vis de toutes les tailles parce que « ça peut toujours servir », une autre encore aura du mal à jeter…

Cela devient compulsif quand il est impossible de se débarrasser du moindre objet, quand ces derniers s’entassent et envahissent tout l’espace.

Des études neurologiques ont ainsi démontré que le cerveau des personnes atteintes entrait en situation de suractivité cérébrale dès qu’il leur était demandé d’effectuer un tri, de choisir quels objets jetés…

Pour eux, cela s’avère presque impossible, en tout cas très compliqué : leur cerveau ne le leur permet pas. Il doit d’ailleurs presque être reprogrammé pour que les personnes atteintes puissent lutter contre leur maladie.

Quelle est la différence avec un TOC ?

Si l’entassement compulsif est considéré comme une maladie à part depuis 2013, c’est parce qu’il a été établi que les traitements médicaux habituellement utilisés pour lutter contre les TOCs n’étaient pas aussi efficaces contre la syllogomanie. Et aussi parce que cette maladie présente d’autres conséquences pour les personnes concernées (notamment en termes de mise en danger, liée aux risques de l’entassement).

D’un strict point de vue médical, l’entassement compulsif se caractérise par

  • Une grande difficulté à se débarrasser d’objets, quel que soit leur véritable utilité,
  • un fort attachement à ces derniers, presque sentimental,
  • une accumulation qui finit par encombrer les espaces de vie et, surtout,
  • des symptômes d’accumulation qui ne soient pas liés à d’autres symptômes psychiatriques (tels que les TOC, justement, mais aussi schizophrénie ou la démence.

Comment soigner l’entassement compulsif ?

Pour traiter cette maladie, un ensemble de mesures s’avère nécessaire.

Les antidépresseurs sont couramment utilisés, notamment parce que les personnes atteintes sont souvent déprimées et que ce sentiment peut être déclencheur de la syllogomanie.

Une thérapie comportementaliste est nécessaire : il faut apprendre à trier. Et remettre continuellement cette nouvelle habitude en pratique.

L’envie d’accumuler ne disparaît pas du jour au lendemain. C’est donc un travail sur le long terme. Et les personnes concernées sont relativement nombreuses puisque cette maladie toucherait entre 2 et 6 % de la population mondiale.

Comme un TOC, il s’agit donc de lutter au quotidien contre l’entassement compulsif. Et, comme un TOC, il faudra se méfier des situations qui déclenchent des « boucles compulsives ». Une simple promotion et un prix de gros peuvent redéclencher une envie d’accumulation.

Mais, à l’inverse d’un TOC, il sera souvent nécessaire d’effectuer un véritable travail sur l’environnement avant de pouvoir entamer la thérapie, notamment quand l’entassement est devenu tel que le logement est à la limite de l’insalubrité.