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Collectionner des objets, c’est une chose. Mais quand ces collections s’entassent, que les journaux anciens ou les objets cassés se multiplient dans une habitation, on est plus proche du syndrome de l’entassement que d’une simple propension à accumuler. Aussi appelé syllogomanie, ce trouble est aussi difficile à vivre pour ceux qui en sont atteints que pour l’entourage.

Qu’est-ce que le syndrome de l’entassement ?

Le syndrome de l’entassement est souvent associé à celui de Diogène. L’individu atteint ne présente toutefois pas de troubles liés à l’hygiène. En revanche, on retrouve dans les deux cas une accumulation d’objets, qui se transforme très vite en pathologie. Pendant très longtemps, ces deux syllogomanies ont été classées parmi la liste des TOCs.Néanmoins, la question se pose de considérer la syllogomanie comme une maladie à part, ce qui permettrait aussi des traitements plus adaptés.

Quels sont les symptômes de la syllogomanie ?

Le syndrome de l’entassement est plus complexe. Il se distingue par :

  • une accumulation d’objets, mais qui sont souvent inutiles, sans valeur, voire cassés ;
  • l’impossibilité pour la personne concernée d’effectuer un tri, au point que cela devient une souffrance si elle doit s’en séparer ;
  • des objets qui finissent par envahir l’espace de vie, mettant en péril l’hygiène mais aussi la sécurité des lieux.

Si ces troubles persistent au delà de six mois, alors il est possible de diagnostiquer une potentielle pathologie.

Qu’est-ce qui provoque l’entassement ? Qui sont les personnes atteintes ?

De nombreux spécialistes se penchent encore sur la question, mais bien souvent, il semble que la syllogomanie apparaisse après un choc affectif. La perte d’un être cher, mais aussi un divorce ou une déception amoureuse peut être déclencheur de la maladie. Les patients compensent alors le vide ressenti par des objets, sans plus parvenir à s’arrêter. En France, il y aurait plus de 200 000 personnes concernées, hommes comme femmes. Les personnes âgées sont plus concernées, et le trouble est souvent d’autant plus sévère pour elles. On a également constaté qu’il pouvait s’agir d’un trouble héréditaire. Sans aller jusqu’à affirmer qu’il existe un « gène de l’entassement », on retrouve toutefois cette propension dans différentes branches des mêmes arbres généalogiques.

Pourquoi et comment aider une personne atteinte ?

Comme pour le syndrome de Diogène, le syndrome de l’entassement génère des risques pour la vie des patients. Les incendies peuvent se déclencher plus facilement au milieu des entassements, les colonnes d’objets s’écrouler sur eux, les nuisibles s’y installer. Par ailleurs, les patients peuvent connaître la dépression, notamment liée à un sentiment de honte quand ils sont conscients de leur état et de l’état d’insalubrité dans lequel ils vivent. Il faudra prévoir une prise en charge à deux niveaux. Des médicaments peuvent être nécessaires pour gérer la partie pathologique (l’aspect compulsif) et/ou la dépression. Il faudra aussi l’aide d’un psychothérapeute pour réapprendre à ranger et à ne plus accumuler les objets.   Un premier tri global, effectué avec l’assistance d’une personne extérieure ou d’un service adapté, peut aider à démarrer le processus. Et il pourra aussi être nécessaire de prévoir des visites régulières pour les aider à se débarrasser de ce qui les encombre car l’envie d’accumuler risque de persister pendant un certain temps.